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10 nouvelles règles

pour vous simplifier l’orthographe

1 Les numéraux composés sont systématiquement reliés par des traits d’union.

 

ancienne orthographe nouvelle orthographe 
vingt et un   vingt-et-un  
deux cents  deux-cents
un million cent un-million-cent
trente et unième trente-et-unième 

                                        

 Observation On distingue désormais soixante et un tiers (60 + 1/3) de soixante-et-un tiers (61/3).

- Cette nouvelle règle supprime de nombreuses difficultés et évite des pratiques jusque-là largement aléatoires.

2 Dans les noms composés (avec trait d’union) du type pèse-lettre (verbe + nom) ou sans-abri (préposition + nom), le second élément prend la marque du pluriel seulement et toujours lorsque le mot est au pluriel.

 

ancienne orthographe nouvelle orthographe 
un compte-gouttes  un compte-goutte 
des compte-gouttes  des compte-gouttes 
un après-midi  un après-midi
des après-midi des après-midis

                                                  

 Observations Restent invariables les mots comme prie-Dieu (à cause

de la majuscule) ou trompe-la-mort (à cause de l’article). On écrit des garde-pêches qu’il s’agisse d’hommes ou de choses.

- Cette régularisation du pluriel aboutit à une règle simple et unique et supprime des incohérences (pourquoi, en ancienne orthographe, un curedent mais un cure-ongles ?).

3 On emploie l’accent grave (plutôt que l’accent aigu) dans un certain nombre de mots (pour régulariser leur orthographe), au futur et au conditionnel des verbes qui se conjuguent sur le modèle de céder, et dans les formes du type puissè-je.

 

ancienne orthographe  nouvelle orthographe 
événement évènement 
réglementaire  règlementaire
je céderai  je cèderai 
ils régleraient  ils règleraient

 

 Observation Devant une syllabe muette, on écrit donc toujours è, sauf dans les préfixes dé- et pré-, les é- initiaux ainsi que médecin et médecine.

- La règle de base est généralisée : évènement ressemble désormais à avènement ; règlementaire s’écrit comme règlement.

4 L’accent circonflexe disparait sur i et u.

On le maintient néanmoins dans les terminaisons verbales du passé simple, du subjonctif et dans cinq cas d’ambigüité.

  

ancienne orthographe  nouvelle orthographe 
coût cout
entraîner, nous entraînons  entrainer, nous entrainons 
paraître, il paraît paraitre, il parait

                          

 Observation Les mots où le circonflexe est conservé parce qu’il apporte une distinction de sens utile sont : les adjectifs masculins singuliers , mûr et sûr, jeûne(s) et les formes de croitre qui, sans accent, se confondraient avec celles de croire (je croîs, tu croîs, etc.).

- Sur i et u, l’accent circonflexe ne joue aucun rôle phonétique ; il est l’une des rincipales causes d’erreurs et son emploi, aléatoire, ne peut être justifié par l’étymologie.

5 Les verbes en -eler ou -eter se conjuguent sur le modèle de peler ou de acheter. Les dérivés en -ment suivent les verbes correspondants. Font exception à cette règle appeler, jeter et leurs composés (y compris interpeler).

 

ancienne orthographe  nouvelle orthographe 
j’amoncelle   j’amoncèle
amoncellement  amoncèlement 
tu époussetteras  tu époussèteras 

 

Avec cette nouvelle règle, il n’y a plus lieu de mémoriser de longues listes de verbes, dont la conjugaison variait parfois même d’un dictionnaire à l’autre.

6 Les mots empruntés forment leur pluriel de la même manière que les mots français et sont accentués conformément aux règles qui s’appliquent aux mots français.

 

ancienne orthographe  nouvelle orthographe 
des matches   des matchs
des misses  des miss 
revolver    révolver   

 

Le pluriel régulier, déjà familier à la plupart des francophones, renforce l’intégration des mots empruntés ; l’ajout d’accent permet d’éviter des prononciations hésitantes.

7 La soudure s’impose dans un certain nombre de mots, en particulier :

— dans les mots composés de contr(e)- et entr(e)- ;

— dans les mots composés de extra-, infra-, intra-, ultra- ;

— dans les mots composés avec des éléments « savants » (hydro-,

socio-, etc.) ;

— dans les onomatopées et dans les mots d’origine étrangère.

  

ancienne orthographe  nouvelle orthographe 
contre-appel, entre-temps  contrappel, entretemps 
extra-terrestre  extraterrestre  

 

 La soudure est étendue ; au-delà des cas cités dans cette règle, les auteurs de dictionnaires sont invités à privilégier la graphie soudée.

8Les mots anciennement en -olle et les verbes anciennement en -otter s’écrivent avec une consonne simple. Les dérivés du verbe ont aussi une consonne simple. Font exception à cette règle colle, folle, molle et les mots de la même famille qu’un nom en -otte (comme botter, de botte).

 

ancienne orthographe  nouvelle orthographe 
corolle  corole 
frisotter, frisottis   frisoter, frisotis 

 

Là encore, il s’agit de supprimer des incohérences : corole s’écrit désormais comme bestiole ; mangeoter suit neigeoter.

9Le tréma est déplacé sur la lettre u prononcée dans les suites -güe- et -güi-, et est ajouté dans quelques mots.

 

ancienne orthographe  nouvelle orthographe 
aiguë, ambiguë   aigüe, ambigüe 
ambiguïté    ambigüité 
arguer 

 argüer 

  

 

 Observation Les mots dans lesquels est ajouté un tréma sont : argüer (j’argüe, nous argüons, etc.), gageüre, mangeüre, rongeüre, vergeüre.

Le déplacement du tréma évite des difficultés de lecture ; son ajout empêche des prononciations jugées fautives.

10 Comme celui de faire, le participe passé de laisser suivi d’un infinitif est invariable.

  

ancienne orthographe  nouvelle orthographe 
elle s’est laissée maigrir  elle s’est laissé maigrir 
je les ai laissés partir    je les ai laissé partir 

 

 Quelques anomalies sont supprimées.

  • absout, absoute (participe passé)
  • appâts (nom masculin pluriel)
  • assoir, messoir, rassoir, sursoir
  • bizut
  • bonhommie
  • boursoufflement, boursouffler, boursoufflure
  • cahutte
  • charriot, charriotage, charrioter
  • chaussetrappe
  • combattif, combattive, combattivité
  • cuisseau (dans tous les cas)
  • déciller
  • dentelier
  • dissout, dissoute (participe passé)
  • douçâtre
  • embattre
  • exéma, exémateux, exémateuse
  • guilde
  • imbécilité
  • innommé, innommée
  • interpeler (j’interpelle, nous interpelons, etc.)
  • levreau
  • lunetier
  • nénufar
  • ognon, ognonade, ognonière
  • pagaille
  • persifflage, persiffler, persiffleur, persiffleuse
  • ponch (dans le sens de « boisson »)
  • prudhommal, prudhommale, prudhommie
  • prunelier
  • relai
  • saccarine (et ses nombreux dérivés)
  • sconse
  • sorgo
  • sottie
  • tocade, tocante, tocard, tocarde
  • ventail

On munit d’accent quelques mots où il avait été omis, ou dont la prononciation a changé : asséner, papèterie, québécois, etc.

On écrit en -iller les mots anciennement en -illier où le i qui suit la consonne ne s’entend pas, à l’exception des noms d’arbres (comme groseillier) : joailler, serpillère, etc.

Enfin, en cas de concurrence dans l’usage, on privilégie la forme la plus francisée (leadeur plutôt que leader), la graphie sans circonflexe (allo plutôt que allô), le pluriel régulier, etc. Cette recommandation concerne surtout les auteurs de dictionnaires et est particulièrement valable pour la création de mots. 

 

En résumé…

Rappel des principales règles

Les numéraux composés sont systématiquement reliés par des traits d’union. Ex. : vingt-et-un, deux-cents, un-million-cent, trente-et-unième

Dans les noms composés du type pèse-lettre (verbe + nom) ou sans-abri (préposition + nom), le second élément prend la marque du pluriel seulement et toujours lorsque le mot est au pluriel. Ex. : un comptegoutte, des compte-gouttes ; un après-midi, des après-midis

On emploie l’accent grave (plutôt que l’accent aigu) dans un certain nombre de mots (pour régulariser leur orthographe), et au futur et au conditionnel des verbes qui se conjuguent sur le modèle de céder. Ex. : évènement, règlementaire, je cèderai, ils règleraient

L’accent circonflexe disparait sur i et u. On le maintient néanmoins dans les terminaisons verbales du passé simple, du subjonctif et dans cinq cas d’ambigüité. Ex. : cout ; entrainer, nous entrainons ; paraitre, il parait

Les verbes en -eler ou -eter se conjuguent sur le modèle de peler ou de acheter. Les dérivés en -ment suivent les verbes correspondants. Font exception à cette règle appeler, jeter et leurs composés (y compris interpeler). Ex. : j’amoncèle, amoncèlement, tu époussèteras

Les mots empruntés forment leur pluriel de la même manière que les mots français et sont accentués conformément aux règles qui s’appliquent aux mots français. Ex. : des matchs, des miss, révolver

La soudure s’impose dans un certain nombre de mots, en particulier dans les mots composés de contr(e)- et entr(e)-, dans les mots composés de extra-, infra-, intra-, ultra-, dans les mots composés avec des éléments « savants » et dans les onomatopées et dans les mots d’origine étrangère.

Ex. : contrappel, entretemps, extraterrestre, tictac, weekend,

portemonnaie

Les mots anciennement en -olle et les verbes anciennement en -otter s’écrivent avec une consonne simple. Les dérivés du verbe ont aussi une consonne simple. Font exception à cette règle colle, folle, molle et les mots de la même famille qu’un nom en -otte (comme botter, de botte).

Ex. : corole ; frisoter, frisotis

Le tréma est déplacé sur la lettre u prononcée dans les suites -güe- et -güi-, et est ajouté dans quelques mots. Ex. : aigüe, ambigüe ; ambigüité ; argüer

Enfin, certaines anomalies sont supprimées. Ex. : asséner, assoir, charriot, joailler, relai. 

Ce document a été mis au point

par la rédaction du site orthographe-recommandee.info